17.09.17:  Introduction aux sciences religieuses I – Résumé

« Introduction aux sciences religieuses » par l’imam Abdullah Malik – Basé sur les ouvrages du Professeur Moncef Zenati, enseignant à l’Institut Européen des Sciences Humaines (IESH)

Frislam inaugure une nouvelle série de cours ouverte à toutes à tous. Cette série aura pour but de prodiguer un enseignement des bases et des fondements de la foi musulmane. Ces cours auront seront mensuels et gratuits. Tout les monde est invité à participer, ils sont ouverts à tous les âges et religions.


En Islam, Dieu nous demande de faire des choses uniquement intelligibles (= compréhensibles). On doit se demander le pourquoi du comment ; soit les finalités, les buts.

Il y a trois buts finaux de la législation musulmane :

  • Servir l’intérêt des gens

  • Repousser le préjudice

  • Réaliser le bonheur

Les adorations comme faire la prière et jeûner le mois de Ramadan ne sont pas des « besoins » de Dieu, c’est uniquement dans notre propre intérêt (cf. Sourate les fourmis, verset 40).

L’objectif premier est l’adoration de Dieu, mais chacun des actes d’adoration (ibadat) contiennent des intérêts pour l’être humain dans l’au-delà mais aussi ici-bas. Ainsi, Allah ne veut pas nous imposer des gênes, mais nous préserver. La finalité de la prière est la préservation de la turpitude et du blâmable. Il est à noter que d’autres actes d’adoration sont aussi profitables à l’homme : par exemple, le jeûne apporte la piété, et le Hajj apporte également des avantages aux pèlerins.

Les intérêts des hommes sont divisés en trois catégories :

  • La nécessité = sans quoi la vie humaine ne peut se dérouler sainement.

A savoir la préservation de la religion / de la vie / de la raison / de la progéniture / et enfin celle de la propriété (certains auteurs rajoutent l’honneur / dignité)

  • Le besoin (al haja)= ce dont les être humaines ont besoin pour mener une vie facile et confortable, son absence n’entraîne pas le désordre mais est une cause de gêne ; épargne la gêne, apaise les difficultés.
    • Ex : adaptation selon le travail => Un jour, le prophète (saw) a rassemblé deux prières dans sa mosquée à Médine. Pourquoi ? Pour épargner sa communauté car il avait observé les besoins de sa communauté ce jour-là et a agi en conséquence.
  • L’accessoire = relève des valeurs morales et contribue à l’harmonie, aux bonnes mœurs ; son absence n’entraîne pas de gêne mais peut provoquer une certaine répugnance pour la vie auprès de l’être humain. Complète le besoin, qui complète la nécessité.

Chacun des interdits préservent un intérêt spécifique. D’où vient cette catégorisation ?

Les oulémas se sont inspirés des interdictions du Coran pour en déduire les finalités. Ex : interdire le vol pour préserver le bien, donc préserver un intérêt humain.

La globalité de l’intérêt aux yeux de la sharia

Le but de la sharia n’est pas de garantir un intérêt exclusivement collectif ou exclusivement individuel [ndlr : notez ici que la sharia se résume par les cinq points que nous avons mentionné plus tôt : la préservation de la religion / de la vie / de la raison / de la progéniture / et enfin celle de la propriété]. La législation musulmane intègre aussi bien le sacré que le profane. Pas un intérêt purement individuel (ultra-libéralisme), ni purement collectif (marxiste). Tout excès n’est pas bon. Nous pouvons prendre l’exemple de l’Albanie qui était sous le joug d’un régime communiste. Il fallait à cette époque annoncer à l’Etat qu’on avait invité une personne à souper pour ainsi recevoir une gamelle en plus. Notez que ce concept excluait complètement la religion de la sphère sociale.

L’islam ne veut pas non plus d’une société basée que sur le capitalisme. Il faut également préserver l’intérêt du collectif, ainsi que prendre en compte l’intérêt des futures générations. Dans ce sens, l’islam nous demande d’œuvrer pour l’intérêt des générations suivantes.

D’une manière générale, l’Homme est incapable de cerner ses intérêts exacts. L’islam comme droit provenant du Créateur est parfait, car il connaît le présent, le passé et le futur, alors que le droit positif (fait par les hommes) est imparfait, puisqu’il provient de l’homme qui par nature commet des erreurs. L’homme ne peut tenir compte de tous les éléments futurs.

Enfin, l’intérêt selon l’islam est de préserver la vie de l’au-delà et de ce bas-monde, à travers des principes généraux et des prescriptions détaillées.

Ainsi, selon A’Shatibi, il est nécessaire de :

  • Instaurer des prescriptions : on ne peut pas installer la justice sans qu’il y ait de lois.
  • Repousser ce qui les altère.
  • Tenir compte du degré de l’intérêt : Plus l’intérêt est grand, plus on est dans l’obligation. Plus l’intérêt est moindre, plus on est dans l’accessoire.

Mise en œuvre des intérêts / points de repères d’application :

Que faire quand des intérêts se contredisent. Ex : intérêt pour l’individu mais pas pour le groupe ? Deux notions :

  • Conciliation : entre individuel et collectif
  • Prévalence: les intérêts n’ont pas les mêmes degrés : il y a des intérêts supérieurs. Le nécessaire et le besoin ne sont pas au même degré. Exemple banal : acheter un frigo ou une télévision ? Frigo d’abord car nécessaire.

La préservation de la religion est l’intérêt le plus haut. Ensuite, la vie, ensuite la propriété.

Ainsi, tout se fait selon un ordre hiérarchique (de nécessaire à accessoire / du collectif à l’individuel) / Exemple : vie > propriété / choisir le préjudice minimum lorsque deux préjudices s’opposent / les préjudices équivalent s’excluent.

Ces règles s’appliquent ainsi dans tous les domaines : religieux et non-religieux. Ainsi, le Prophète Muhammad (Paix et Bénédiction de Dieu sur lui) a dit que les choses ordonnées doivent être accomplies dans la mesure du possible alors que les interdits doivent être complètement respectées. La classification des intérêts est déduite des interdits – les savants ont établis les règles à partir des sanctions. Ainsi, on a pu mettre en évidence les principes de l’intérêt, de l’équité, de la justice ou encore de la solidarité.

Selon Ibn Qayyim: « La législation selon la Sharia est juste dans sa totalité, miséricorde dans sa totalité, bénéfique dans sa totalité. Si une question dévie de la justice vers l’injustice, de la miséricorde vers son contraire, de l’intérêt vers le préjudice, elle ne fait pas certainement pas partie de la sharia, même si on tente de l’introduire par voie d’interprétation. »

Saâd Dhif

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